Rome, protecteur officiel des bêtes...et donc des chats


Depuis 2004, la ville de Rome dispose d'un règlement communal d'avant garde qui montre l'exemple à suivre en matière de respect de tous les animaux vivant sur son territoire.

En Préambule du Règlement communal sur les animaux, on peut lire ces quelques phrases:

Rome et ses citoyens-humains

Enfin Rome peut se targuer du rôle de capitale mondiale de la civilisation et de l'intégration.

Ce règlement représente l'aboutissement d'un rêve (...)

Rome a été la première ville en Italie, à établir un Bureau municipal dédié à la protection des droits des animaux (...)

Ghandi, a déclaré que le degré de civilisation d'une nation découle le respect qu'elle a de leurs animaux et maintenant Rome suppose une position de prestige dans la communauté internationale, affirmant que la qualité de vie de ses habitants dépend également de la relation qu'ils ont avec la faune locale de toutes les espèces animales (...).

Non seulement chats et chiens,mais aussi poissons, oiseaux, insectes, amphibiens, chevaux et animaux exotiques devront être maintenant sur des règles claires et précises qui régiront le traitement et vont indiquer quoi et comment Il est permis de le faire, afin de préserver non seulement la sécurité mais aussi et surtout la dignité des êtres vivants.(...)

Délégué par le maire pour les politiques des droits des animaux

Art. 4-protection des animaux.

1. la municipalité reconnaît la validité et l'éthique de toutes les formes de pensée fondé sur le respect et droits des animaux et la promotion des initiatives de survie de leur espèce.

2. La common law 281/91 et la loi régionale qui en découle,favorise et réglemente la protection des animaux de la maladie, condamne et poursuit les actes de cruauté contre eux, les mauvais traitements et l'abandon.

3. la municipalité doit s'efforcer de diffuser et de promouvoir l'efficacité des garanties de droit posés par la législation en vigueur sur la protection des animaux.


le texte original :

Re Go Lamento Comunale Di Ritt i Animal i


les chats de Rome, notre pays devrait prendre exemple !

L'article du monde en date du 05 janvier 2005 :



Des milliers de félins vivent autour du Colisée ou le long des forums impériaux. En liberté et sous la protection des autorités romaines.

Rome de notre correspondant

Sur les pierres tiédies par le soleil d'hiver, ils se regroupent par dizaines. Les uns assis frileusement, clignant des yeux dans la lumière oblique de janvier, les autres pelotonnés ou carrément étirés comme des starlettes sous les objectifs des photographes. Ici, en plein centre de Rome, parmi les ruines de Largo di Torre Argentina, les chats sont chez eux.

Ils ont commencé à s'y installer en 1929, peu après la découverte de ces temples du IIIe siècle avant Jésus-Christ. Aujourd'hui, ils sont environ 380 à vivre dans l'aire sacrée d'Argentina, abrités dans les excavations, jouant entre les colonnes antiques, indifférents au tohu-bohu des embouteillages qui assiègent l'endroit.

Les chats de Torre Argentina forment la plus grosse colonie féline de la ville, mais à Rome on en trouve partout. Ils sont officiellement 300 000, dont 180 000 vivent en liberté. Autour du Colisée, le long des forums impériaux comme au pied du marché de Trajan, ils font partie du décor. Un rien cabots, ils sont capables de poser des heures entières devant les touristes ravis. Les visiteurs anglo-saxons du cimetière protestant, l'un des lieux les plus romantiques de la capitale italienne, fondent littéralement en apercevant des chats endormis sans façon sur la tombe du poète Shelley, ou occupés à leur toilette sur la stèle de son ami John Keats. Les chats du cimetière font partie d'une colonie d'une centaine d'animaux qui ont élu domicile dans les fossés entourant la pyramide de Caius Cestius, face à la gare d'Ostiense.

S'ils ne ravissent pas la vedette aux monuments de la Ville éternelle, ces figurants apparaissent souvent dans un coin de la photo-souvenir, sur les cartes postales ou sur les calendriers vendus aux abords des sites les plus touristiques. Les chats appartiennent au patrimoine de la ville, qui les protège, les soigne, les cajole.

"Le chat errant est considéré à Rome comme un citoyen à part entière", explique Giosy Scarabino, l'une des responsables du Bureau municipal des droits des animaux. Depuis 1997, une loi régionale assure "la protection des chats qui vivent en état de liberté". Et l'article 11 stipule qu'"il est interdit à quiconque de les maltraiter et de les déplacer de leur habitat", sous peine de sanctions qui ont été durcies en 2004 : jusqu'à dix-huit mois de prison et 15 000 d'amende. Donc le chat romain est libre, sous la protection de la loi, y compris s'il squatte un lieu privé, comme le jardin ou la cour d'une copropriété. Pas touche ! Une légende veut que, dans l'Antiquité, les chats aient sauvé la ville de la peste en exterminant les rats. Arrivés d'Egypte, où ils étaient sacrés, les chats se sont rendus utiles en préservant des rongeurs les réserves de grains. C'est à ce titre qu'ils étaient protégés par les empereurs romains.


Désormais embourgeoisés, les chats n'auraient plus ce rôle de service public. "Erreur, déclare Giosy Scarabino, même bien nourris ils demeurent des prédateurs pour les souris, et dans certains quartiers de Rome, malheureusement, le problème reste bien réel."

Cependant, la municipalité ne va pas jusqu'à entretenir les 4 000 à 5 000 colonies félines - la plupart ne dépassant pas quatre ou cinq individus - recensées dans la commune. C'est l'oeuvre des gattare, un mot du dialecte romain pour désigner les femmes qui s'en occupent au quotidien, et à leurs frais. "Rome peut être considérée comme une marraine pour les chats, et le caractère du peuple romain, fait de simplicité et de sens de la bonté, est à rechercher dans cette sympathie, voire cet amour, pour les chats", estime Frère Renato, un franciscain qui a en charge sept colonies dans son quartier de Salario.

Chaque matin, "même avec la fièvre", ce vieil homme de 80 ans sort avec son vieux cartable plein à craquer de boîtes de nourriture. Rien ne le fera renoncer à sa tournée : "Saint François aimait les chats, ils font partie de mes frères en François", commente-t-il, énigmatique.

Les principales colonies sont très organisées. Presque invisible depuis la rue, le refuge de Torre Argentina abrite une activité quasi permanente. Une vingtaine de volontaires s'y relaient du matin au soir.

"Chacun des 380 chats a un nom, il est vacciné, stérilisé, fiché", explique Luana Stefani, l'une de ces volontaires qui s'affairent sans prêter attention à la forte odeur des lieux. Il y a un coin dortoir avec des cages et des paniers garnis de coussins pour les moins sauvages ou les plus faibles ; une infirmerie régulièrement visitée par des vétérinaires ; un bureau équipé de trois ordinateurs (avec leur souris) ; et partout des chats qui sautent sur les genoux du visiteur.

Souvent des touristes descendent l'étroit escalier, achètent quelques objets souvenirs, se renseignent sur l'adoption d'un chat, laissent une obole. Les colonies félines sont devenues une curiosité touristique.

Certains guides anglo-saxons proposent des itinéraires de catwatching. En octobre 2004, une Américaine de San Francisco, ancienne bénévole de Torre Argentina reconvertie en tour-opératrice, a organisé un tour d'Italie à thème : "Cats and culture". Pour sensibiliser le public à la cause des chats errants et satisfaire les passionnés, la ville de Rome organise chaque année un circuit en autocar pour visiter les colonies les plus peuplées et les plus pittoresques de la capitale. La troisième édition aura lieu le 17 février.

Les touristes sont également les bienvenus à la grille de la Pyramide, où une affiche leur rappelle en six langues que les chats du cimetière protestant sont exclusivement à la charge des volontaires. "Hors frais de vétérinaire, l'entretien d'une colonie comme celle-là coûte 2 000 par mois", souligne Matilde Talli, la première à avoir créé une colonie vraiment organisée. C'était en 1985.

Pas d'ordinateur ici, mais, à force de venir tous les jours, Matilde connaît chacun de ses pensionnaires. De Peperoncino, l'agité qui croque les pigeons imprudents, à Otto, le dernier arrivé, arraché des griffes d'un garnement qui le martyrisait. "De 90 en hiver, leur nombre peut doubler en été, dit-elle. En juillet-août derniers, nous avons eu 58 abandons." Des chats déposés nuitamment dans des cartons ou jetés sans ménagement par-dessus le mur.


La vraie prolifération est le fait des chats domestiques, raconte Matilde : "Les gens croient que la stérilisation est contre-nature, les hommes surtout. Ils trouvent naturel et charmant qu'une chatte mette bas, mais ensuite ces portées finissent dans la rue." La limitation du nombre des félins est la priorité des responsables de la plupart des colonies. Fondatrice du sanctuaire de Torre Argentina, Silvia Viviani confirme : "Plus qu'un refuge, il s'agit d'un centre de promotion de la stérilisation. Il faut savoir qu'une chatte en liberté peut avoir jusqu'à 25 000 descendants au bout de cinq ans."

Tous ces amis des chats se mobilisent "sans un euro de subvention publique". Les autorités locales ont déjà fort à faire pour mettre en place des partenariats avec les institutions les plus concernées par le nombre et l'état sanitaire des colonies félines. Les jardins des hôpitaux, par exemple, sont des repaires appréciés. Les campus des universités et les cours des casernes aussi. Jusqu'au zoo de la Villa Borghèse, qui abrite, libres de tous barreaux, une cinquantaine de paisibles félins.

Il est difficile de résister au charme des chats de Rome, libres sans être errants, ni soumis ni sauvages, pas farouches mais indépendants. Des chats de dolce vita. Alors quand un touriste étranger prend envie d'en emporter un chez lui - ce qui se produit de plus en plus souvent -, il n'a qu'à descendre au refuge de Torre Argentina.

L'ordinateur lui crachera d'un jet toutes les garanties sur l'état sanitaire de l'animal de son choix. En revanche, il devra remplir de nombreux formulaires et répondre aux critères d'adoption plutôt tatillons définis par les gattare. Montrer patte blanche en quelque sorte, parce qu'un chat romain, ça se mérite.

Jean-Jacques Bozonnet


A quand la même chose chez nous ?



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